L’ingénieure Dominique Lefebvre, 55 ans, et ses filles Geneviève Plouffe, 28 ans, doctorante en génie chimique, et Catherine Plouffe, 21 ans, étudiante en 2e année de génie industriel, participeront toutes les trois à la 13e édition de l’événement « Les filles et les sciences, un duo électrisant! », qui se tiendra le samedi 18 février 2012 à l’École Polytechnique de Montréal. Des événements satellites se tiendront également à l’Université Laval, au Cégep de Rimouski et au Cégep de Sherbrooke pour faire découvrir à près d’un millier d’adolescentes l’utilité et la diversité des carrières scientifiques ou technologiques.
Une famille d’ingénieurs... et d’ingénieures!
Diplômée de Polytechnique en génie industriel, Dominique Lefebvre se souvient qu’elle a choisi d’étudier en sciences au cégep après avoir participé à une activité où il y avait un kiosque invitant les femmes à se diriger en génie, d’où son intérêt pour le Duo depuis la mise sur pied de cet événement il y a une douzaine d’années.
« La première année, j’ai animé un atelier, et depuis je fais partie du comité organisateur. J’ai toujours pensé qu’il fallait attirer les filles vers les métiers non traditionnels pour qu’elles puissent ensuite devenir des femmes financièrement indépendantes. Cela suppose des choix d’orientation judicieux. Sans formation scientifique, on se coupe de presque 70 % des formations offertes à l’université. Je tenais à ce que mes filles acquièrent un bagage minimum en sciences pour ne pas se fermer de portes. J’aime le Duo, parce qu’il a en quelque sorte la même ambition pour les jeunes filles, mais à l’échelle provinciale plutôt que familiale. En plus, les participantes au Duo ont toujours beaucoup de plaisir, donc ça vaut le coup de continuer! », déclare Dominique.
L’égalité, ça commence avec la liberté du choix
Avec ses deux parents, un grand-père et un oncle ingénieurs, l’aînée de Dominique, Geneviève Plouffe, doctorante en génie chimique à Polytechnique, a repris le flambeau après avoir longtemps hésité entre les sciences et les sciences humaines. Ses trois matières préférées ont toujours été la chimie, l’histoire et les langues, d’où son inscription au programme sciences, lettres et arts au cégep, justement « pour garder toutes les options ouvertes », en digne fille de sa mère.
« Là où l’influence de ma mère a surtout été déterminante, c’est dans le choix du génie chimique plutôt que de la chimie pure, car elle m’a expliqué que cela m’offrirait plus de possibilités », se souvient Geneviève. Depuis 2005, elle participe au Duo en animant un atelier de génie chimique ou un kiosque avec des amies. La première année, c’était simplement pour aider sa mère, mais elle a aimé l’expérience et elle a continué. Geneviève sera de nouveau fidèle au poste en février prochain, à moins que la naissance de son troisième enfant ne vienne bouleverser son agenda.
« Pour moi, l’égalité entre les sexes aujourd’hui, ça commence avec la possibilité de choisir n’importe quel domaine d’études. Je pense que s’il n’y a plus autant de préjugé à l’admission, ça continue dans beaucoup de familles et de milieux de travail, d’après ce que je comprends du parcours de mes amies. On ne peut plus accepter que des filles se privent d’étudier dans un domaine qui les intéresse sous prétexte que ce n’est pas encore entré dans les mœurs », estime Geneviève.
Des modèles féminins en émergence
Future diplômée de Polytechnique elle aussi, Catherine Plouffe, 21 ans, a participé une fois au Duo, puis y est devenue bénévole comme sa mère et sa sœur. C’est d’ailleurs elle qui sera responsable en 2012 de la conception de l’activité créative de groupe pilotée par le camp scientifique Folie technique.
« Je suis la seule de mes amies du secondaire à avoir été en génie, les autres ont été en sciences de la santé et, au cégep, nous étions seulement deux filles inscrites au programme de sciences pures. C’est important la diversité dans les milieux de travail. L’un des problèmes reconnus des ingénieurs, c’est qu’ils ne sont généralement pas très bons au niveau relationnel. La présence d’un plus grand nombre de femmes dans la profession pourrait certainement améliorer les choses à cet égard », assure Catherine.
Elle qui a voulu être ingénieure dès le secondaire s’est quand même cherchée quelque temps. « J’ai choisi les sciences et la musique, puis j’ai arrêté les sciences après le cégep pour étudier en travail social. Après un an, j’ai trouvé ça difficile sur le plan émotionnel et je suis revenue au génie. J’ai choisi le génie industriel parce que, outre la dimension technique, il comporte une très grande variété d’aspects. Nous sommes environ 45 % de filles dans mon programme. C’est l’un des trois génies où il y a le plus de filles avec les génies chimique et biomédical, donc de plus en plus de modèles féminins vont émerger. En attendant, il faut continuer », dit Catherine.
« Quand je suis entrée à Polytechnique en 1975, il y avait 5 % de filles toutes disciplines confondues, et c’était le maximum jamais atteint, donc il ne faut pas perdre espoir! », conclut la maman.
De fidèles commanditaires
L’événement est présenté par Hydro-Québec, en collaboration avec l’École de technologie supérieure et l’École Polytechnique de Montréal et avec le fidèle soutien de Bombardier Aéronautique, CIMA+, Dessau, le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation et l’Ordre des Ingénieurs du Québec.
À propos du Duo
« Les filles et les sciences, un duo électrisant! » vise à faire connaître aux adolescentes de 2e et 3e secondaire la nature exacte des professions scientifiques et technologiques et des études qui y mènent à l’aide d’activités de groupe, de démonstrations, d’ateliers et surtout, temps fort de la journée, du « magasinage de carrières », lequel leur révèle la multitude de formations universitaires, professionnelles et techniques qui leur tendent les bras. De plus, l’événement permet à ces jeunes filles approchant du moment décisif des choix d’orientation de rencontrer des femmes exerçant dans un domaine lié aux sciences, en quelque sorte des modèles à suivre. Il comporte aussi deux autres volets conçus expressément pour les intervenants du milieu scolaire et les parents.










