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J’ai vérifié. Aucune école de conduite, malheureusement, ne vous montrera comment prendre le virage vert. De même, vous ne trouverez jamais, dans la signalisation routière du Québec, ni ailleurs, un pictogramme qui vous indiquerait à quel moment s’engager dans le virage vert. Alors, on s’y prend comment pour négocier le virage écologique ? On commence par où et on suit quel parcours? Et à quelle vitesse ?
Pour répondre à cette question, j’ai justement pris la route ces jours-ci, vers le Centre St-Pierre à Montréal, un inspirant centre de formation et d’intervention sociale. Et pour être conséquent avec mes convictions, je m’y suis rendu en utilisant le service de covoiturage d’Amigo-Express. En passant, salutations à mes passagers: Aude, Daniel, Judith et Clotilde. Je me suis donc rendu au Centre St-Pierre, parce qu’on y proposait, une journée de formation et d’échange terre à terre, justement sur le virage vert, dans le milieu communautaire. Ayant moi-même fait mes débuts à la radio communautaire, CION-FM de Rivière-du-Loup, je me suis senti, comme toujours, interpellé. D’autant plus que, ce qui peut concerner et s’appliquer aux groupes « communautaires » peut aussi, bien évidemment, s’appliquer à nos 235,000 petites et moyennes entreprises, comme à tout autre milieu de travail. D’où mon vif intérêt à aller voir de quoi on y parlerait… Qui était là ? Pour une fois, pas de grandes corporations obnubilées par leur image de marque…. Non ! « Juste » des travailleurs désireux de voir leur organisation, faire beaucoup plus que simplement récupérer leurs matières recyclables. Les participants provenaient d’horizons variés : Centre d’action bénévole, coop d’habitation, groupes environnementaux, Crsss, centre de la petite enfance, carrefour jeunesse emploi, bref du monde allumé, désireux de donner le feu vert, à plein de petits gestes qui pourraient faire toute la différence.
D’entrée de jeu, le Centre St-Pierre donne le ton, et l’exemple. Ce carrefour d’éducation populaire et de formation s’est en effet engagé d’ici 2010, à prendre le virage vert, pour réduire son impact sur l’environnement. Faut dire qu’avec 150,000 visiteurs par année, l’impact en question est énorme, sur la grande consommation d’énergie, d’eau, de papier, et de produits nettoyants d’un tel carrefour… Disons qu’à défaut d’imiter le Centre, il y a lieu de s’en inspirer, vous allez voir. Je ne voudrais pas d’entrée de jeu, m’enfarger dans les fleurs du tapis, mais parlons justement de leur tapis. La réunion a lieu, dans une salle, où le plancher est recouvert, non pas d’une seule et grande pièce de tapis, mais plutôt de multiples tuiles. Non seulement ce textile de la Compagnie Interface Floor est fait en partie, de matières recyclées, mais le seul fait qu’il soit en plusieurs carrés modulaires, fait en sorte après quelques années, qu’on a à remplacer que les tuiles trop usées, indépendamment, plutôt que tout le tapis. Génial non ?
Et ce n’est qu’un exemple…. Si vous êtes intéressé à ce que votre bureau, votre atelier, votre magasin, votre boutique ou votre milieu de travail prenne le virage vert, vous trouverez dans cette chronique quelques suggestions pour « faire partie de la solution, plutôt que du problème » (On m’a dit que j’en parle si souvent dans mes chroniques et les conférences que vous me demandez de présenter, que c’est presque devenu mon mantra). Ce qui est ressorti de cette belle journée d’échanges, c’est qu’il existe une multitude de petits gestes, qui peuvent aider nos milieux de travail, à monopoliser moins de ressources et générer moins de déchets… Lorsqu’on veut diminuer un tant soit peu notre empreinte écologique, un milieu de travail c’est un peu comme un individu. ( Voir chronique portant sur notre empreinte écologique = entrevue.asp?ID=46820) Avec de la bonne volonté et un brin d’imagination on peut, et surtout je dirais même, on doit, dans les faits évoluer et changer nos habitudes pour le mieux.
OK…! Prêt ? Sachez que toutes les alternatives qui suivent s’inscrivent dans une démarche 3R, c'est-à-dire une démarche de consommation responsable, qui prône dans l’ordre, le 1e R = la Réduction à la source, le 2e R = la Réutilisation, et le 3e R= le Recyclage et donc même, par extension, le compostage. Le Centre St-Pierre a pu compter sur l’aide de l’organisme Action RE-buts pour élaborer son plan d’action. J’ajouterai ici et là à leurs trouvailles, certaines autres suggestions plus personnelles, car ensemble, nous avons bien des réponses à nos questions.
Départ ?! = Lors des multiples rencontres qui ont lieu dans la salle où ont lieu nos échanges, on sert, non pas de l’eau embouteillée, mais bien de l’eau du robinet, que l’on place dans des pichets. Simple en titi… Surtout quand on sait que l’eau du robinet est souvent d’aussi bonne, sinon de meilleure qualité que la plupart des eaux embouteillées. La preuve ? La plupart des eaux embouteillées ne sont pas des eaux de source. L’eau vendue en bouteille, Pure Life de Neslé, est de l’eau provenant du robinet de Guelph en Ontario. L’Aquafina de Pepsi-Cola est l’eau du robinet de Mississauga, quant à l’eau Dasani de Coca-Cola elle vient de l’aqueduc de Brampton, encore là en Ontario. Voilà pourquoi je traîne ma bouteille réutilisable et je la remplis d’eau… À mes yeux, c’est un acte d’activisme sympathique (AS)… Toujours en ce qui a trait à l’eau, mais cette fois, après l’avoir bu, on a doté le centre de toilettes à faible débit (à peine 6 litres par chasse). Dans certains autres vieux modèles, on a installé un économiseur d’eau à 5$/pièce qui a permis d’économiser environ 400,000 litres d’eau potable. Impressionnés ? Sachez qu’on pourrait aller encore plus loin, car il existe même des urinoirs sans eau, de marque Falcon. C’est ce qu’on utilise avec succès au Centre de Méditation Vipassana que je fréquente à Sutton.
Et ça ne s’arrête pas là, je vous en passe un papier… Au Centre St-Pierre comme dans de plus en plus de milieux de travail responsables, on incite les employés et visiteurs à imprimer leurs documents recto verso. Le calcul est simple, on coupe ainsi de moitié, la quantité de papier utilisé et la facture qui en découle. Le truc à retenir, serait de programmer les photocopieuses afin que, par défaut, ce soit toujours le mode recto verso qui soit sollicité. Imprimer recto seulement, devient alors l’exception à la règle, et non l’inverse. Toujours pour diminuer la quantité de papier, voici un truc qui provient de Fanny, du Carrefour jeunesse-emploi à Lachine, et qui concerne votre télécopieur. On a réussi à réduire de 50% le nombre de publicités indésirables qui arrivaient par fax, et consommaient inutilement du papier, en contrôlant leur arrivée via l’ordinateur. Le programme est directement dans le serveur, entre autres avec Microsoft Windows 2003. Cherchez dans Google en indiquant fax Microsoft, et vous obtiendrez aisément la marche à suivre…ou consultez votre crack de l’informatique, de service…
On peut aussi choisir, d’entrée de jeu, d’acheter du papier qui est fait de fibres recyclées, post-consommation, et non blanchies au chlore. Ceux qui ont la cote sont deux produits de Cascades : Le Rolland Nouvelle Vie DP 100, fait à 80 % de fibres recyclées post consommation, est non désencré et non blanchi au chlore. Il serait, aux dires de plusieurs, le meilleur papier de sa catégorie pour le fax et l'imprimante. Certains préféreront le papier Cascades Kraft couleur Sable en raison de son plus faible coût, pour un papier recyclé. Il contient 60% de fibres post-consommation et lui non plus, n’est pas blanchi au chlore. Ah oui… Pour le papier, comme pour tout type de fourniture plus écolo, vous pourriez faire de grandes économies en achetant en groupe. C’est ce qu’on a réalisé dans le quartier Rosemont-La Petite-Patrie, en créant GAGE, un Groupe d'achats et de gestion écologique, qui propose à ses membres du matériel de bureau plus écolo et à meilleur prix.
Parlons maintenant de bouffe… S’il y a lieu d’organiser au bureau, un conseil d’administration, ou une assemblée générale, préférez le style buffet, plutôt que les populaires boîtes à lunch, car le buffet générera moins de déchets d’emballages. Mieux encore ? Les très à la mode cocktail dînatoire où on sert des petites bouchées de style tapas, n’est pas seulement très « in », il a aussi son petit coté vert. Certains arrivent même à tenir le goûter sans vaisselle ni ustensile, puisqu’une simple serviette de table suffit souvent. En tout temps, rappelez-vous qu’à titre de client, vous pouvez exiger des traiteurs et restaurateurs, qu’ils respectent votre volonté de voir moins d’emballages et de vaisselles jetables, au menu. Parlant vaisselle jetable… La caisse populaire de Cap-Rouge a décidé de bannir les verres de styromousse (de polystyrène). En lieu et place, on a décidé d’acheter un lave-vaisselle (500$) et 180$ de tasses durables et réutilisables. L’alternative s’est financée en quelques mois, puisque l’achat de verres jetables coûtait à l’établissement 3000$ par année.
Sinon, écoutez…. Je ne pourrai sûrement pas tout vous dire ce qui peut être fait, mais allons-y pour un petit sprint, qui nous permettra peut-être de stimuler votre imagination. Pourquoi ne pas récupérer les piles jetables ? Au Centre St-Pierre, en moins d’un an, on a écarté plus de mille piles du chemin menant au dépotoir…Saviez-vous que les magasins Korvette vous donneront 5cents par pile retournée, en plus de garantir un recyclage sécuritaire avec la compagnie Stablex ? Si plusieurs de vos locaux sont climatisés, installez un système automatisé de contrôle pour le chauffage et la climatisation. Cela vous permettra de « passer » en mode économie, la nuit venue… Besoin de faire du ménage ? Cela vaut le coût de miser sur des nettoyants qui feront « la job », mais qui ne viendront pas empoisonner le milieu et l’air ambiant. Les Nettoyants Lemieux, et de plus en plus, les produits biotechnologiques Innu-Science s’imposent comme de meilleurs choix… Quoi d’autre ? Il vaut la peine d’encourager l’utilisation du transport en commun, du co-voiturage ou du vélo, chez les employés… Tous seront plus en forme, et plus disposés au boulot, en plus de réduire leur empreinte climatique. Lors d’invitations à un événement particulier, certains glissent dans le carton d’invitation, un billet de métro…où indique leur proximité d’un métro, histoire d’encourager l’utilisation du transport en commun… Sympathique non ?

Savez-vous quoi ? La bonne nouvelle c’est que d’autres rencontres d’échanges, portant sur le virage vert, auront bientôt lieu, notamment le 29 janvier prochain, à nouveau au Centre St-Pierre à Montréal, mais aussi dans d’autres régions du Québec. Ce sera le cas notamment dans le Bas–du-fleuve avec le groupe-conseil ATENA, et en Mauricie, grâce au CDEC, la Corporation de Développement Économique communautaire de Trois-Rivières. Le groupe Action-Rebuts, à qui on doit notre Semaine Québécoise de Réduction des Déchets, et qui a encadré le Centre St-Pierre dans sa verte quête, donnera aussi dès février prochain, des formations personnalisées aux organismes, désireux de se doter d’une politique d’achats responsables… On me jure que ce ne sera pas très cher, afin d’être très accessible. Enfin, le Regroupement Québécois des Femmes en Environnement offre déjà une formation à tous ceux et celles qui voudraient organiser, un colloque, un symposium ou une assemblée générale, qui serait éco-responsable, c’est a dire avec un bilan=zéro-déchet, carbo neutre… On tente ainsi de minimiser l’empreinte écologique des inévitables rassemblements.
Ça vous intéresse ? Attachez votre tuque avec de la broche et respirez…
Rien ne sert d’essayer de tout faire en même temps, vous risqueriez de vous épuiser, d’autant plus que certains récalcitrants aux changements auront tôt fait d’essayer de vous décourager… Essayez plutôt, comme au Centre St-Pierre de garder la tête froide… Que diriez-vous d’essayer d’implanter dans votre milieu de travail, non pas 20, 15 ou 10, mais bien seulement 6 de ces mesures écologiques, d’ici juin prochain ? Ce sont les premiers pas, qui sont les plus difficiles mais aussi les plus importants. Ensuite, l’élan nous entraîne…
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