Une équipe de Polytechnique Montréal rapproche un peu plus des centres hospitaliers une technologie d'imagerie vasculaire susceptible à terme de détecter les signes avant-coureurs de maladies neurodégénératives. Le groupe a réussi l'exploit d'imager les plus petites de nos canalisations, les capillaires sanguins, sans avoir à accéder directement au cerveau. Une première qui repousse les limites de cette technologie et dont les résultats sont dévoilés dans l'édition du 16 janvier de la prestigieuse revue scientifique PNAS.

Stephen Lee, stagiaire postdoctoral, effectue une démonstration des capacités de la sonde à ultrasons devant Jean Provost, professeur titulaire au Département de génie physique. (Photo : Martin Primeau)
Diagnostiquer certains troubles du cerveau demeure l'un des grands défis de la médecine moderne. La maladie d'Alzheimer et la démence vasculaire, par exemple, restent imperceptibles lors des premiers stades de leur évolution. Il en va de même pour les dommages engendrés par certains types d'AVC qui, bien que mineurs, annoncent souvent des événements plus problématiques.
Si ces conditions ne mènent pas immédiatement à l'apparition de symptômes perceptibles, elles engendrent tout de même des changements subtils dans les cerveaux affectés. Dans les capillaires, le sang ne circule plus comme avant. Les globules rouges y font même parfois des arrêts. Une situation potentiellement fatale pour les cellules environnantes si la situation perdure, étant privées à la fois de nutriments et d'oxygène et d'une voie pour éliminer leurs déchets.
Savoir que le phénomène existe ne représente qu'une étape, mais encore faut-il pouvoir le détecter. Le hic, c'est qu'il s'opère à une échelle si fine qu'il échappe aux outils d'imagerie médicale actuels. Une nouvelle approche en développement laisse cependant entrevoir une percée dans ce domaine. Son nom : la microscopie de localisation ultrasonore (ULM).







