En rendant publique la mise à jour de l'étude de l'économiste Pierre Fortin, à la veille du choix de la prochaine ou du prochain premier ministre du Québec, le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI) souhaite rappeler que le financement public des universités québécoises constitue un enjeu structurant majeur pour le développement du Québec.
2026 est une année électorale au cours de laquelle se dessinera la trajectoire du Québec pour les quatre prochaines années. Parce que l'Université a été, et demeure, au cœur du développement du Québec, il est essentiel qu'elle soit au centre des priorités du Québec.
Des constats inquiétants, une fois de plus confirmés
L'étude confirme deux constats déjà mis en lumière dans les analyses précédentes du professeur Fortin (2021 et 2025). D'une part, le Québec continue de diplômer proportionnellement moins de titulaires de baccalauréat et de grades supérieurs que l'Ontario, soit respectivement 38 % comparativement à 47 % en 2025, accusant ainsi un retard persistant en matière de diplomation universitaire. D'autre part, les universités québécoises demeurent confrontées à un sous-financement structurel qui persiste depuis plus de vingt ans, et qui est estimé à 995 M$, en 2023-20241.
Un appel à un réinvestissement pérenne
Au regard de ces constats, les cheffes et chefs des établissements universitaires, réunis au sein du BCI, insistent sur l'importance de miser sur un réinvestissement pérenne, qui aurait un effet structurant pour le réseau universitaire, afin de corriger durablement les conséquences aggravantes du sous-financement actuel. Dans leur plus récente demande budgétaire, les universités québécoises ont fait valoir la nécessité d'un réinvestissement récurrent de 1 G$ afin d'accroître l'accessibilité aux études universitaires et la réussite étudiante, d'accélérer la transition numérique, d'augmenter leurs capacités en recherche, en valorisation et en transfert des connaissances et pour leur permettre d'offrir des formations adaptées aux besoins nouveaux du marché du travail et de la société québécoise.
« Le réinvestissement global et récurrent demandé au budget de fonctionnement universitaire est indispensable afin que les universités québécoises contribuent à leur plein potentiel au développement scientifique, économique, démocratique, social et culturel du Québec. Il en va de son avenir que ses universités aient la capacité d'accueillir la population étudiante actuelle et future et de la former selon les plus hauts standards », souligne Christian Blanchette, président du Conseil d'administration du BCI et recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières.
Référence
- Le 13 février dernier, le gouvernement ontarien a annoncé qu'il compte investir 6,4 G$ sur une période de quatre ans dans le secteur postsecondaire. Ministère des Collèges et Universités, de l'Excellence en recherche et de la Sécurité (12 février 2026). « L'Ontario investit 6,4 milliards de dollars afin d'assurer la prospérité et la durabilité à long terme du secteur d'enseignement supérieur », Gouvernement de l'Ontario.







