Entre pression à publier en anglais et nouveaux leviers politiques, la science en français tente de préserver sa place dans un système qui se fragilise.
Publier en anglais, être évalué en anglais, faire carrière en anglais. Dans le monde universitaire, la règle n'est écrite nulle part, mais elle s'impose partout. Pour les chercheurs et chercheuses francophones, elle structure les trajectoires, oriente les choix et, souvent, impose des compromis.
Dans le dernier épisode du balado Campus à la une, enregistré à Montréal, Sophie Montreuil et Martin Maltais, directrice générale et président de l'Acfas, décrivent une réalité bien connue du milieu, mais encore peu discutée dans toute son ampleur : la recherche en français recule au Canada.
Le constat n'est pas nouveau. Un rapport publié en 2021 par l'Acfas a mis en lumière une diminution du français dans les publications savantes, les demandes de subventions et le financement. Pour Mme Montreuil, si la recherche en français se transforme aujourd'hui, c'est d'abord parce qu'elle recule. Ce recul s'inscrit dans une dynamique plus large, celle d'une domination croissante de l'anglais dans les milieux scientifiques à l'échelle mondiale.« Si elle se transforme, c'est d'abord parce qu'elle recule », résume-t-elle.







