La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) prend acte du résultat des élections provinciales du 5 octobre. Elle offre donc à tous les partis de collaborer, avec les mêmes rigueur et exigence qu'elle a toujours eues envers les gouvernements depuis les 20 dernières années afin que l'école publique soit enfin considérée comme une priorité nationale. Mais elle s'adresse aussi à l'ensemble des formations politiques représentées à l'Assemblée nationale.
« La démocratie a parlé et a choisi d'élire un gouvernement minoritaire. Mais soyons clairs : l'éducation a occupé très peu de place dans cette campagne alors que l'école publique et ses personnels, notamment les enseignantes et enseignants, sont à bout de souffle. La FAE a des solutions pérennes, réalistes et ancrées dans les besoins des profs et de leurs élèves, jeunes et adultes. Elles sont sur la table depuis des mois et elles exigent une vision transpartisane de l'éducation qui va au-delà du présent mandat, peu importe sa durée. Nous allons donc continuer de militer, dans le dialogue mais sans relâche, pour que le gouvernement s'attaque à cette urgence nationale : réparer l'école publique. Celle-ci ne peut plus attendre! », déclare Mélanie Hubert, présidente de la FAE.
Des solutions à court et long terme
Avec sa campagne Réparons l'école publique, la FAE a présenté des solutions concrètes :
- Un financement constant, prévisible et à la hauteur des besoins, appuyé sur un cadre financier démontrant que plus de 4,6 milliards de dollars pourraient être réinvestis dans le réseau public;
- La fin du modèle actuel de financement public des écoles privées pour mettre un terme à l'école à trois vitesses et favoriser la mixité sociale;
- Des investissements massifs pour rénover les écoles vétustes et en construire de nouvelles;
- Le maintien et la valorisation des classes spécialisées et d'accueil en tant que modes d'organisation de services répondant à des besoins spécifiques.
L'éducation au Québec a besoin de mesures structurantes. La FAE est consciente que les solutions proposées exigent d'importantes ressources financières ainsi que du temps pour mettre en place ces chantiers. Toutefois, certaines mesures pourraient être mises en place rapidement pour diminuer la lourdeur bureaucratique qui pèse sur le réseau et pour témoigner du respect envers les enseignantes et enseignants, notamment dans les dossiers de la composition de la classe, de la violence, des contraintes imposées à la profession enseignante et de la négociation nationale à venir dans un an. C'est pourquoi la FAE souhaite rencontrer le plus rapidement possible la prochaine personne qui occupera le poste de ministre de l'Éducation ainsi que les personnes députées responsables de l'opposition.
Concernant la promesse de tenir des états généraux sur l'éducation dans les 100 premiers jours du mandat, la FAE sera au rendez-vous. Elle compte toutefois sur le gouvernement pour qu'il pose certains gestes rapides, et que cette grande consultation ne serve pas de prétexte à l'inaction.
À propos d'un mode de scrutin proportionnel
Bien que la démocratie se soit exprimée et que la FAE entende respecter ce choix, elle souligne que le résultat des élections porte un parti au pouvoir avec seulement 28 % des voix. Cette situation met en évidence les distorsions de représentativité générées par le système actuel et déforme l'expression de la volonté populaire. Le système actuel contribue à l'instabilité des politiques publiques. C'est pourquoi la FAE, membre de la Coalition pour une réforme électorale, réitère sa demande de réformer le mode de scrutin actuel.










