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REVENU VIABLE 2026
Combien faut-il gagner pour sortir de la pauvreté à Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Saguenay, Trois-Rivières et Sept-Îles?

1 mai 2026

L'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) dévoile qu'une personne seule a besoin d'un revenu entre 33 249 $ et 44 780 $ par an pour sortir de la pauvreté dans les grandes villes du Québec. Encore cette année, l'augmentation du salaire minimum prévue à 16,60$ l'heure dès le 1er mai ne permettra pas de vivre dignement.

Le revenu viable, soit le revenu annuel après impôt nécessaire pour vivre en dehors de la pauvreté, se situe, selon la ville, entre 33 249 $ et 44 780 $ pour une personne seule, entre 46 458 $ et 58 385 $ pour une famille monoparentale et entre 75 117 $ et 88 812 $ pour un couple avec deux enfants.

C'est à Montréal que le revenu viable pour une famille de quatre est le plus élevé, s'élevant à 88 812$, une hausse de 4,2% par rapport à 2025. Pour une personne seule, il faut plutôt 41 585$ pour vivre dignement à Montréal, une hausse de 3,7 % par rapport à 2025.

« Il faudrait un salaire d'au moins 30$ de l'heure à une personne vivant seule pour sortir de la pauvreté en travaillant à temps plein à Montréal. Or, comme il s'agit du salaire horaire médian de la métropole, cela veut dire que la moitié des travailleurs et travailleuses ne peuvent sortir de la pauvreté sans des revenus supplémentaires », explique Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l'IRIS et autrice de l'étude.

Le logement pèse lourdement sur le porte-monnaie

Pour la première fois depuis le début du calcul du revenu viable, le revenu pour une famille de quatre à Montréal (88 812$) dépasse celui de Sept-Îles (88 266$), où il est nécessaire d'avoir deux voitures pour répondre aux besoins de transport. 

« Le prix du logement a augmenté au point où la différence du coût d'un cinq et demi entre Montréal et Sept-Îles équivaut à une deuxième voiture par ménage », explique Eve-Lyne Couturier.

En moyenne, les loyers ont augmenté de 10,9% dans les 7 villes étudiées, alors que la hausse recommandée par le Tribunal administratif du logement était de 5,9%. C'est la troisième année de suite que des hausses notables sont observées par rapport aux recommandations officielles.

« Considérant que le logement représente plus du tiers des dépenses des ménages, les hausses observées pèsent lourdement sur le budget des ménages et ce, dans toutes les régions étudiées », explique Eve-Lyne Couturier.

Le salaire minimum est insuffisant

Pour la quatrième année de suite, l'écart entre le salaire minimum et le revenu viable se creuse. Une personne qui travaille à temps plein (35h) au salaire minimum (16,60$) à Montréal touchera un revenu annuel de seulement 25 867 $, soit le deux tiers du revenu viable.

« Le salaire minimum n'a jamais permis à une personne seule de sortir de la pauvreté en travaillant à temps plein. Toutefois, dans une société qui met l'accent sur le travail et sur l'ascension sociale, il est inquiétant de voir que l'écart se creuse. Ça souligne que la crise d'abordabilité n'est ni nouvelle ni sur le point de se résorber », se désole Eve-Lyne Couturier.

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Pour plus d'information

Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS)
1710 Beaudry, Bureau 2.0
Montréal Québec
Canada H2L 3E7
www.iris-recherche.qc.ca


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