Dans le cadre des Journées Repfran, une soixantaine de membres du Réseau des répondantes et répondants du dossier du français (Réseau Repfran), provenant de 48 établissements collégiaux, ont pris part à une rencontre virtuelle les 23 et 24 avril derniers. Les échanges se sont déroulés sous le thème Lire entre les lignes : anticiper les difficultés en lecture et en écriture pour soutenir la réussite étudiante.
Dépister, repérer, identifier, cibler, classer pour mieux intervenir
Les premières semaines au cégep jouent un rôle déterminant dans le parcours et la réussite des étudiantes et des étudiants. Des difficultés non repérées en lecture et en écriture, qui sont des compétences essentielles à la réussite des études supérieures, peuvent rapidement entrainer des échecs, une perte de confiance, et un désengagement ou un abandon. L'objectif de cette rencontre semestrielle était de mieux comprendre les enjeux en ce qui a trait au dépistage et à l'orientation des étudiantes et des étudiants qui rencontrent ces difficultés afin d'améliorer les pratiques et, ultimement, de soutenir la réussite étudiante. À partir de données scolaires, d'évaluations diagnostiques ou autodiagnostiques et d'observations en classe, plusieurs questions ont orienté les discussions : où, quand et comment repérer les étudiantes et étudiants qui pourraient avoir besoin d'aide ? Qui doit participer à cette démarche ? Et comment lire entre les lignes pour anticiper les besoins réels sans tomber dans la stigmatisation ?
Le défi des données et de la méthodologie
La première matinée a débuté de manière immersive avec un test diagnostique qui a permis aux repfrans de vivre eux-mêmes l'expérience du classement. Alexandre Biot, analyste à la Fédération des cégeps et animateur du Réseau Repstats, a ensuite présenté un survol de l'écosystème des données collégiales. Il a expliqué comment celles-ci peuvent éclairer le repérage sans toutefois occulter la complexité des parcours étudiants. De son côté, Guillaume Loignon, professeur à l'UQAM et expert en mesure et évaluation, a abordé les défis méthodologiques liés à la création d'outils de dépistage. Il a invité les participantes et participants à considérer le test diagnostique et les mesures d'aide comme un tout indissociable pour améliorer l'intervention pédagogique.
Un partage de pratiques inspirantes
La seconde matinée a permis de découvrir des initiatives concrètes implantées dans le réseau. Anne Gagnon, conseillère pédagogique, a partagé l'expertise du collège Brébeuf, qui recourt à un test de lecture à des fins de classement depuis 2006. Marie-Claude L'Heureux, enseignante de français et animatrice au Centre d'apprentissage et de ressources linguistiques au Cégep de Trois-Rivières, a quant à elle présenté un test diagnostique axé sur la littératie disciplinaire, un outil qui, après des débuts modestes, a été utilisé auprès de plus de 1200 étudiantes et étudiants. L'évènement a également fait place à la collaboration grâce à une activité de type « Café ». Ce moment d'échange a permis aux repfrans de discuter de leurs pratiques actuelles, de leurs « rêves » pour le milieu et des ajustements possibles pour améliorer le repérage des personnes étudiantes qui ont des difficultés en lecture ou en écriture.
La documentation de cette riche programmation est disponible pour les membres du Carrefour de la réussite au collégial, dont le Réseau Repfran fait partie. N'hésitez pas à contacter les répondantes et les répondants de votre collège pour plus d'information.









