Le gouvernement du Québec a annoncé au printemps qu'il arrêtait de financer l'Association internationale des études québécoises, en soulignant que ses activités touchaient à des sujets « trop nichés ». Mais les gouvernements peuvent-ils juger quels objets de recherches nichés aujourd'hui seront des enjeux d'importance demain ?
La décision du gouvernement du Québec de mettre fin au financement de l'Association internationale des études québécoises (AIEQ) au printemps dernier a suscité de nombreuses réactions, tant dans les milieux universitaires, au Québec comme à l'étranger, que chez d'anciens ministres des Relations internationales et de la francophonie, toutes allégeances confondues.
Pour justifier cette décision, le ministre Christopher Skeete, alors responsable des Relations internationales et de la Francophonie, évoquait notamment des colloques portant sur des thèmes jugés trop spécialisés comme celui de la circumpolarité. Cette remarque soulève une question essentielle : qui décide si un objet de recherche est « de niche » ? Les gouvernements ou les communautés scientifiques ?
Cette interrogation renvoie à une histoire ancienne. En 1949, le premier ministre canadien Louis St-Laurent confie à Vincent Massey la présidence de la Commission royale d'enquête sur l'avancement des arts, des lettres et des sciences. Le rapport, publié en 1951, marque un tournant dans les politiques culturelles canadiennes.









